Les Racines du Mal

... si le monde explose, la dernière voix audible sera celle d'un expert disant que la chose est impossible.

04 octobre 2004

Lettre indésirable n°1

Preuves un peu trop lourdes de la dégénérescence humaine, il m'est parvenu que de singuliers citoyens français m'ont dénoncé à vous comme n'étant pas du tout au nombre de vos approbateurs. Je ne puis, messieurs, que confirmer ces propos et ces tristes écrits. Il est très exact que je vous désapprouve d'une désapprobation pour laquelle il n'est point de nom dans aucune des langues que je connaisse (ni même sans doute dans la langue hébraïque que vous me donnez envie d'étudier). Vous êtes des tueurs, messieurs; et... [Lire la suite]
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04 octobre 2004

Assommons les pauvres !

Pendant quinze jours je m'étais confiné dans ma chambre, et je m'étais entouré des livres à la mode dans ce temps-là (il y a seize ou dix-sept ans) ; je veux parler des livres où il est traité de l'art de rendre les peuples heureux, sages et riches, en vingt-quatre heures. J'avais donc digéré, - avalé, veux-je dire, toutes les élucubrations de tous ces entrepreneurs de bonheur public, - de ceux qui conseillent à tous les pauvres de se faire esclaves, et de ceux qui leur persuadent qu'ils sont tous des rois détrônés.  On... [Lire la suite]
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02 octobre 2004

Et vous, où en êtes-vous ?

 "Tu vois, le monde se divise en deux catégories. Ceux qui ont un pistolet chargé, et ceux qui creusent. Toi... tu creuses..." (Sergio Leone, 1969, Le Bon, La Brute et le Truand.) « Le monde se divise en deux catégories ». 1. « Ceux qui ont un pistolet chargé » (et le font savoir :) 1.1. Les militaires, policiers, gendarmes et terroristes, les chasseurs et collectionneurs. 1.1.1. Ceux qui sont propriétaires des moyens de fabriquer le pistolet et la pelle.(Les politiques & les banquiers) 1.1.2. Ceux qui... [Lire la suite]
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30 septembre 2004

Le rêve et l'impuissance

Comme je le redoutais depuis quelques temps, la vie se charge parfois de nous ramener aux rives fangeuses de réalités insupportables autant qu'intimes. Me sentant - bizarrement, je l'admets - "engagée" par le fait d'avoir entamé la retranscription de textes longs, voire d'ouvrages entiers, il va tout de même falloir que je fasse abstraction de certains de mes enfers familiers pour terminer ce que j'ai commencé... non sans mal, je le crains. J'espère en avoir le temps mais je ne peux vous l'assurer. Si ma course se trouvait... [Lire la suite]
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20 septembre 2004

L'individu privatisé

La philosophie n'est pas philosophie si elle n'exprime pas une pensée autonome. Que signifie "autonome" ? Cela veut dire autosnomos, "qui se donne à soi-même sa loi". En philosophie, c'est clair : se donner à soi-même sa loi, cela veut dire qu'on pose des questions et qu'on n'accepte aucune autorité. Pas même l'autorité de sa propre pensée antérieure. C'est là d'ailleurs que le bât blesse un peu, parce que les philosophes, presque toujours, construisent des systèmes fermés comme des oeufs (voir Spinoza, voir surtout Hegel, et même... [Lire la suite]
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10 septembre 2004

Qu'est-ce que l'équité ?

La mise en avant de la notion d' «équité», sensée remplacer l'égalité, est un faux débat qui sert à masquer une plus grande tolérance des inégalités tout court. Aujourd'hui, l'idée que le mérite individuel, l'effort ou le travail doivent être récompensés est largement acceptée. On ne peut parler dans ce cadre que d'équité. Personne ne revendique, par exemple, l'égalité de tous les salaires. Atteindre l'équité pose plusieurs problèmes. 1- La position initiale : pour qu'il y ait équité, il faut que chacun ait été placé... [Lire la suite]
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09 septembre 2004

Les racines sociales du mérite individuel

A l'ère de l'individu, la manière la plus habituelle de justifier les inégalités a toujours consisté à s'appuyer sur le critère du mérite. Il n'est donc pas surprenant que cette idée, qui prend parfois l'allure d'une évidence, sache trouver ses zélateurs en divers points du spectre politique. Dans une perspective néolibérale, par exemple, la situation de chacun est conçue comme procédant strictement de choix individuels. On n'hésitera donc pas à soutenir que l'inégalité sociale est directement liée au mérite particulier de celui qui... [Lire la suite]
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08 septembre 2004

Le plaisir, la souffrance et l'économiste

Introduction à l'épistémologie de l'économie La pauvreté augmente malgré la richesse croissante. Les inégalités se creusent en dépit de l'éducation et de la santé presque gratuites. Le lien social se délite d'autant plus que la «communication» triomphe. Et les dégradations de l'environnement s'accumulent bien que la technique bondisse de prouesse en prouesse. Il y a de quoi étonner le citoyen, à qui l'on n'a cessé de répéter que, par le miracle du marché, le capitalisme était porteur de bien-être pour l'humanité. L'économiste... [Lire la suite]
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07 septembre 2004

Il y a 104 ans... "Le But" de Jean Jaurès

La première condition du succès pour le socialisme, c'est d'expliquer à tous clairement son but et son essence ; c'est de dissiper beaucoup de malentendus créés par nos adversaires, et quelques malentendus créés par nous-mêmes. L'idée socialiste est claire et noble. Nous constatons que la forme actuelle de la propriété divise la société d'aujourd'hui en deux grandes classes, et que l'une de ces classes, celle des prolétaires, est obligée pour vivre, pour exercer en quelque mesure ses facultés, de payer une sorte de dîme à la classe... [Lire la suite]
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03 septembre 2004

Sur l'obligation de sourire dans les camps de travail chinois

Les gens à Jiabiangou ont créé un sourire qui n'a pas son pareil au monde, et une façon de courir qui est elle aussi unique. Toute activité créatrice est contingente et soumise, sur le long terme, à divers facteurs. À Jiabiangou, ce fut l'arrivée de je ne sais quelle groupe de visiteurs qui la provoqua. La Direction de la Ferme prit la chose très au sérieux. La nuit même on construisit dans la fièvre un terrain de basket, puis on nous répartit en diverses équipes : basket, danse, chant ; on constitua un groupe de spectacles... [Lire la suite]
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