31 octobre 2004
Genèse de l'humanité - L'émergence d'une réalité autre (Chapitre 3/1)
L'empire de l'économie a jadis porté
un coup d'arrêt à l'évolution symbiotique de l'homme et de la nature.
sa chute ravive aujourd'hui le cours du vivant. A la tyrannie du
travail succède la primauté de la jouissance où la vie se forme et se
perpétue.
Ce qui était noué se dénoue. La complexité
du vieux monde se disloque en un fatras de vérités péremptoires dont le
ridicule ne laisse pas d'étonner. Comment a-t-on pu souffrir, se
battre, mourir pour tant d'inanités gonflées d'importance ?
C'en est fini des dieux, de la fatalité, des décrets de la nature, de
la détermination caractérielle, de l'aveugle destinée guidée par le
hasard.
Des grands systèmes théologiques, philosophiques,
idéologiques qui gouvernèrent l'existence, la poussant de Charybde en
Scylla, il ne restera bientôt que le poussiéreux souvenir de
l'érudition.
Les êtres et les choses se décantent, la
simplicité fleurit dans un premier printemps, le quotidien prend
l'aspect d'un paysage sur une terre nouvelle. Déserte est la nuit de
l'homme abstrait.
L'enfant grandit à la croisée d'une
conscience récente, les lassitudes de l'amour apprennent à se conjurer,
l'ardeur au travail se dissipe, éclairant la frontière du désir et de
la contrainte où le plaisir se perd. Parfois, le bonheur d'être à soi
l'emporte sur l'ennui de ne pas s'appartenir.
Ici commencent
les errances de la nouveauté, ses aberrations peut-être. En dehors de
la dissection scientifique qui la livre en pièces détachées aux
lumières de la pensée séparée, la vie sur la terre et dans le corps est
si mal connue que la lucidité et la niaiserie risquent de s'emmêler
pour un temps dans les tâtonnements de la découverte et les troubles
d'une réalité autre. Qu'importe, nous voulons des mystères qui ne
recèlent pas d'horreurs :
La démocratie
Les principes de la démocratie et des droits de l'homme n'ont pas de
plus sûr garant que la nécessité où le marché mondial se trouve de
vendre n'importe quoi à n'importe qui. Il s'ensuit que les valeurs du
passé vont à la casse à la cadence de marchandises obsolètes, même si
leurs débris archaïques entrent dans l'élaboration d'un éphémère
modernisme.
La subversion
L'économie propage ainsi la subversion mieux et plus vite qu'une horde
d'agitateurs spécialisés. Il suffit de jeter un regard sur les vitrines
spectaculaires où la société exhibe les modèles de sa respectabilité et
de son infamie ; il n'y traîne plus guère que des spécimens défraîchis
de rois, prêtres, papes, policiers, militaires, noblions, bourgeois,
bureaucrates, prolétaires, riches, miséreux, exploiteurs, exploités...
et l'on a peine à croire qu'autour de tels magots s'élevèrent, il n'y a
pas si longtemps, les ardeurs de la haine et de l'admiration. jamais
une époque n'a été à ce point soldée à des prix défiant toute
concurrence.
La lucidité
Les années 60 sollicitaient encore, pour déchiffrer le contexte social,
l'exercice d'un peu d'intelligence. Il fallait de la lucidité pour
percevoir les signes de faillite. Trente ans plus tard, le premier clin
d'oeil venu saisit d'un bout à l'autre de la terre le délabrement du
décor, l'usure du spectacle, le ridicule du pouvoir, l'effilochage des
rôles, les bouts de ficelle d'une économie rapiécée. La désinvolture et
l'ennui ferment les rideaux sur une tragi-comédie millénaire.
L'économie a fait et défait l'empire que les hommes ont bâti en
bâtissant leur propre ruine. Chacun quitte le vestiaire sans
déguisement qui vaille. Il n'y a plus qu'à marcher devant soi, et de
préférence vers soi, sans autre guide que le plaisir qui brille en tout
instant de vie.
Les fonctions
La diversité de leurs sociétés repose sur quelques fonctions si
manifestement communes à toutes qu'elles ont été imputées à la nature
humaine. Il se trouve aujourd'hui encore de bons esprits pour soutenir
que l'appât du gain, la soif de pouvoir, le goût de détruire et de se
détruire font partie de l'homme au même titre que sa faculté de créer.
C'était, il y a peu, une opinion lucrative. Elle a perdu beaucoup de
ses intérêts depuis la dévaluation conjointe des valeurs matérielles et
des valeurs spitituelles.
Si le poids de l'inhumain l'emporte
dans la société des humains c'est raison non de nature mais de
dénaturation. L'intrusion, au coeur du vivant, des mécanismes
répétitifs du travail manuel et intellectuel, de l'échange par l'offre
et la demande, du refoulement et du défoulement des désirs ont inscrit
dans les gestes, les pensées, les émotions ces mouvements par quoi
l'économie s'empare des hommes et de leur environnement.
L'expansion de la marchandise a réprimé l'expansion de la vie ne lui
laissant d'autre voie que celle d'un déchirement où ce qui ne se vit
pas se vit abstraitement, au moyen des rôles, qui sont le tribut payé
par l'humain à l'inhumanité des fonctions économiques.
Les rôles
L'apprentissage de l'enfant canalise la poussée des désirs. Loin de les
affiner dans un essai d'harmonisation où la relation affective serait
prépondérante, il les équarrit à la dimension de rôles stéréotypés, de
conduites soumises aux lois de l'échange, de l'exploitation, de la
concurrence. L'éducation arrache l'enfant à ses plaisirs pour
l'introduire de force dans une série de moules où il ne sera plus que
la représentation de lui-même.
Il fut un temps où les
couleurs et la vivacité des rôles compensaient l'interdit jeté sur les
pulsions du corps, où la violence des débordements découvrait une
manière de satisfaction dans les pratiques de l'avidité, de l'autorité
et de la renommée qui s'y attachait.
On estimait alors que
naître baron ou serf, devenir empereur ou éboueur, monter aux honneurs
ou à l'échafaud participaient de l'histoire et du destin, non d'une
logique conquérante progressant par inclusion ou exclusion, sauvant le
rentable et damnant le manque à gagner. Une fatalité, assurément, mais
une fatalité préméditée et calculée, la détermination d'une pratique
qui n'avait rien de divin ou de céleste.
Le spectacle social
permettait à des existences encorsetées de péchés, de remords, de
terreurs, de culpabilité de briller dans les fastes et la fange de la
gloire ou du supplice. On était saint, savant, débauché, criminel,
intéressant par dépit de n'être rien seul à seul avec soi. Une pieuse
imagerie entretenait les vocations de la nullité.
La vie
n'est guère plus riche aujourd'hui mais les rôles ont dégénéré en
grisaille et pauvreté. Qui répondrait désormais aux tambours de la
renommée militaire, religieuse, patriotique ou révolutionnaire ? Qui
endosserait pour «épater la galerie» l'uniforme caractériel qui a pour
fonction de capter l'attention d'imposer un prestige, de conduire le
troupeau ?
L'idée a fait son chemin que, bien ou mal jouées,
les rôles procèdent d'un réflexe conditionné, d'une salivation au coup
de sonnette. C'est une habitude qui se perd depuis que l'enfant n'est
plus assimilé à un chien, ni le chien à une machine, et que la machine,
elle-même modèle de perfection marchande, a cessé d'être le modèle de
la perfection humaine.
Fin des fonctions et des rôles
Pendant des millénaires, ils se sont battus comme des forcenés pour
ranger et étiqueter les êtres et les choses. Ils cherchaient de bas en
haut et de gauche à droite la place de l'homme dans les desseins de
Dieu et ne découvraient en fait que l'emplacement réservé au produit et
au producteur dans chaque étape du processus marchand.
Cependant, si conditionnés qu'ils fussent par les mécanismes
fondamentaux du système - la transformation de la force de vie en force
de travail, la division laborieuse de l'esprit et du corps, l'échange
et la lutte concurrentielle pour le contrôle des marchés - ils n'ont
jamais été les purs produits de l'économie qui les gouvernait. Ils
gardaient, chevillée en eux, une grâce de vie irréductible à la logique
et à l'ordre marchands, ils s'y baignaient en d'éphémères moments
d'amour, de générosité, de création, prenant en soudaine horreur le
permanent calcul de l'existence ordinaire.
Bien que les
rôles, qui les maintenaient sur la scène sociale où l'apprentissage et
l'initiation les avaient jetés, décidassent souvent de leur survie ou
de leur mort, combien de fois ne leur est-il pas arrivé, au coin d'une
rue, dans un salon, en sortant du bureau, de se demander ce qu'ils
faisaient là, de découvrir dans leur corps quelqu'un qui cessait d'être
un autre qu'eux-mêmes, de tirer le rideau sur la lamentable bouffonerie
des mérites et des démérites, de tout abandonner pour se mettre en
quête d'une fortune qui ne doive rien à l'argent ni au pouvoir.
Ce qui n'était hier que fulgurance, bouleversement sans lendemain, coup
de folie ou révolte revêt l'allure d'une réaction de plus en plus
fréquente et prévisible depuis qu'à l'instar du marché des changes le
marché des valeurs sociales s'effondre, dévaluant les rôles, quels
qu'ils soient. Qu'est-ce que perdre la face alors que l'envers vaut
l'endroit, et à quoi bon se coincer le corps et l'esprit dans les
grimaces d'une autorité sans bras ni jambes ?
L'authenticité
L'authenticité n'est pas une réalité nouvelle, ni Kleist une exception,
qui prétendait n'être heureux qu'en sa seule compagnie parce qu'il lui
était permis d'être tout à fait vrai. Ce qui est nouveau, c'est le
relief que prend l'authenticité dans l'effritement du mensonge social,
dans le délabrement des personnages typés auxquels chacun était
contraint de s'identifier dès l'enfance.
Fin des vedettes
Quelques mois suffisent dorénavant pour que croissent et décroissent le
crédit ou le discrédit des vedettes, que leur renommée tienne au
domaine de l'art, de la politique, du crime ou de la mondanité. Il y
fallait naguère plusieurs années, des dizaines parfois. La gloire
s'éteint aujourd'hui sitôt allumée.
Du temps que les
réputations se perpétuaient, l'opinion publique recevait l'éclat d'un
nom sans s'inquiéter des techniques d'éclairage et des machineries de
l'apparat. L'obscurité de beaucoup d'existences prêtait du lustre à un
petit nombre de gens qui n'eussent pas autrement brillé par leurs
vertus particulières. Le faste d'un monarque, la faconde d'un guide
suprême, la vogue d'un auteur rejetaient dans l'ombre les artifices
d'une mise en scène conçue pour prêter une grandeur factice aux petits
hommes du pouvoir.
L'inflation médiatique
Je ne soutiens pas que le talent de paraître se soit perdu. Il existe
de nos jours d'excellents artistes dans l'art de tromper le peuple mais
moins de peuple pour se laisser abuser et moins de moyens pour soutenir
de grandes séductions. Car en dépit d'une inquiétante fascination des
images, le mensonge ne mord plus avec la même acuité. L'oeil,
l'oreille, le goût, le toucher, la pensée glissent sur une pléthore de
clichés sans qualité qui ne les peuvent fixer bien longtemps.
A la surproduction de biens inutiles - par quoi se marque l'affolement
de la marchandise, son processus de cancérisation - correspond un
fatras d'informations qui décourage la digestion, écoeure le
consommateur, épuise l'intérêt. C'est là que l'appétit, refusant
d'indigestes fadeurs, s'éveille à d'autre faims plus substantielles.
Alors que, ses circuits engorgés par la frénétique accélération du
spectacle, la machine à décerveler implose lentement, son effet
délétère se perpétue par le paradoxal biais de ceux qui la combattent.
La peur qu'elle entretient chez des gens dont l'esprit critique sert
trop souvent d'exorcisme et de justification à la peur de jouir
amplifie la taille du colosse et sous-estime la fragilité de ses pieds
d'argile. Obsédés par le harcèlement de la bêtise, ils mettent toute
leur intelligence à en parer bêtement les coups. Leurs railleries
couvrent d'un dernier habit de mensonges le roi désespérément nu. Mieux
que les faiseurs médiatiques d'abstractions, d'idéologies, d'illusions,
de régurgitations religieuses et mystiques, ils prêtent de la gravité à
cet encombrement de valeurs obsolètes à quoi se réduit l'effondrement
de la civilisation marchande, et ils traitent en futilité la puissance
du désir de vivre qui affleure partout sous leurs pas.
Dualité des rôles
Le spectacle subit le tassement du marché social. Les rôles y sont
soldés au prix du pouvoir. dans les arlequinades de parlement, de
prêtoire, de conciles ou de conseils d'Etat, ce sont les coulisses et
les ficelles qui suscitent la curiosité.
Comment prendre un
seul rôle au sérieux quand on les a sous les yeux couplés par deux,
arrangés en faire-valoir, vendus à la paire dans une interchangeable
vérité : bon et mauvais, brillant et minable, dur et mou, juge et
coupable, policier et assassin, terroriste d'Etat et terroriste privé,
prêtre et philosophe, réactionnaire et progressiste, exploitant et
exploité ?
Le style de vie
Le regard de la vie reprend la couleur de l'éternel, à contempler
soudain, dans l'espace et le temps, l'alpha et l'oméga de la mort : le
déluge de l'expansion marchande, la terre engloutie par un océan
d'affairisme, les remous où les générations se succèdent, surnagent et
se noient le temps d'un écu gagné et perdu. Seuls ont résisté au
cataclysme perpétuel de l'historique quelques sommets où se sont
réfugiés, portant la qualité de l'être, les irréductibles ferments de
l'humain : l'enfance, l'amour et la création.
Le cycle des
apocalypses incessantes s'achève avec la fin de l'économie. La roue de
fortune et d'infortune qui de siècle en siècle tournait le long d'un
même sillon de guerres, misères, maladies, souffrances et lendemains
amers se brise. Ceux qui estiment que l'univers va se briser avec elle
ont peut-être raison mais c'est la raison que leur dicte la grande
lassitude qui les rallie au parti de la mort.
Pour qui se
réjouit qu'il n'y ait plus ni drapeau, ni maîtres à penser, ni rôles à
soutenir, voici le temps de l'authenticité, et d'un style de vie où les
êtres renaissent à eux-mêmes, à la jouissance de ce qu'ils désirent
vivre.
Un dolce stil nuovo
succède aux violences du refus pour investir dans la volonté de vivre
une énergie obstinée, qui n'est plus celle du désespoir et de
l'insatisfaction mais celle de la jouissance et de l'insatiable. Il se
départit lentement des attitudes caractérielles, des gestes mécaniques,
de l'ignorance névrotique, de l'amertume agressive qui traduisent
l'obédience du vivant à l'économique. Il s'éloigne autant qu'il est
possible des accoutumances où l'échange l'emporte sur le don, le
pouvoir sur l'affection, le défoulement sur l'affinement des plaisirs,
la culpabilité sur le sentiment d'innocence, le châtiment sur la
correction des erreurs. Mais s'il estime archaïques de tels
comportements, il ne les récuse pas au nom d'une pensée séparée, d'un
parti pris intellectuel, d'une morale, car loin d'en venir à bout, il
ne ferait ainsi qu'en reproduire l'engeance. Il les repousse parce
qu'ils l'ennuient et troublent son plaisir, parce qu'il y a mieux à
vivre, tout simplement.
La vie se joue et ne se représente pas
Si l'évolution de l'enfant ne cesse d'engranger des certitudes
nouvelles, c'est qu'elle forme la racine d'une humanité qui se dégage
de l'animalité sans succomber encore à l'emprise de l'inhumain.
Les hésitations croissantes de l'enfant au seuil d'une école où la
pensée séparée de la vie s'enseigne de plus en plus malaisément ne
traduisent-elles pas le refus d'entrer dans la carrière qui a fait de
leurs aînés des êtres souffreteux, vrillés de désirs tordus, écorchés
par une mort quotidienne et jouant leurs derniers rôles dans la parodie
du bonheur.
Leur attitude envers les rôles ne ressortit pas
de la critique à laquelle se livrent volontiers les adultes, si bien
éclairés sur le négatif qu'ils ne s'en dépêtrent pas. Il est facile en
effet de railler ceux qui s'en remettent du soin de leur bonheur à un
dieu, à un potentat, à un parlementaire ou à un bureaucrate syndical
mais les railleurs sont-ils mieux représentés par eux-mêmes. Est-ce que
l'image qu'ils s'échinent à donner d'eux ne traduit pas un reniement de
leur propre authenticité ? Est-ce qu'elle ne contient pas en germe le
mensonge général du système représentatif et électoral ? N'est-ce pas
comme si, quêtant quelque ascendant sur leur entourage, ils
l'engageaient à voter pour eux ?
Les enfants ne succombent
que tardivement à un tel piège. Ils perçoivent d'abord comme un jeu les
rôles que les adultes endossent avec un imperturbable sérieux. Ils
prennent, à s'identifier tantôt au gendarme, tantôt au voleur, un
plaisir identique. Ils passent avec désinvolture du juge au coupable,
du médecin au malade, du fort au faible, du maître à l'esclave, du bon
au méchant. Le jeu de la métamorphose et du déguisement, voire de
l'affabulation prétendument mensongère, appartient à un fond
symbiotique où les êtres et les choses sont reliés entre eux par le
mouvement d'une vie commune.
A mesure que le jeu se fige, que
les gestes s'appauvrissent dans le ballet mécanique de l'argent et de
la promotion, l'enfant est instamment prié de se forger une image de
marque, de se loger sous une raison sociale. Les agréments de la
métamorphose entrent à reculons dans une réalité fantasmatique non sans
que l'adolescent, enfin fixé sur les choix et les orientations que les
exigences de l'économie lui imposent, ne garde au coeur l'impression
qu'il a poussé la mauvaise porte et que toutes celles d'à côté eussent
été préférables.
La contrainte et l'ennui de se donner à voir
sous un angle intéressant et intéressé - à «frimer» comme disent les
écoliers - découvrent aujourd'hui leur péremptoire inutilité dans la
faillite du marché social et de ses valeurs traditionnelles. Une fois
de plus, le retour à l'enfance s'identifie à la tentation de renaître à
soi-même, dans la pluralité des désirs et l'unité de la vie, dans les
métamorphoses humaines de la nature recréée.
Raoul Vaneigem - 1989
Commentaires
Le blog permet d'exister, et a transformé de nombreuses personnes aigris, qui se sentaient respirer en détruisant autrui.
Votre post est trop long pour être lu sans introduction, pouvez-vous présenter quelques idées clefs, quitte à faire un lien pour les développer. Le temps accordé à votre écrit serait du temps volé, à plusieurs autres post.
travail temporaire
Ben ça alors c'est du rapide pour se rendre désagréable :)
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